L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a élaboré en 2018 son document d'orientation tant attendu, intitulé Directives de l'OMS concernant les politiques de santé et le soutien du système de santé afin d'optimiser les programmes d'agents de santé communautaires.
La publication de ce document a marqué un tournant décisif pour le mouvement des agents de santé communautaires professionnels (pro-ASC).
Non seulement l'OMS a reconnu :
« Des preuves substantielles démontrant l'efficacité des ASC dans la prestation d'une gamme de services préventifs, promotionnels et curatifs liés à la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile, aux maladies infectieuses, aux maladies non transmissibles et aux maladies tropicales négligées. »
Elle a également identifié les ASC comme ayant un rôle clé à jouer dans la réalisation des objectifs de santé des Objectifs de Développement Durable (ODD). De plus, elle a renforcé sa recommandation issue de la Stratégie mondiale de l'OMS sur les ressources humaines pour la santé : Personnel de santé 2030, selon laquelle les pays doivent exploiter le potentiel des ASC au sein d'équipes de soins interprofessionnelles.
Le dialogue mondial a enfin progressé, passant du débat sur la nécessité des programmes d'ASC à la manière de les rendre plus efficaces. Des recherches rigoureuses ont démontré que les ASC pouvaient réaliser toutes sortes de tâches de santé complexes, ce qui se traduisait par une amélioration des résultats en matière de mortalité infantile, de gestion des soins liés au VIH, de lutte contre la tuberculose, et bien plus encore. Toutefois, il s'est avéré difficile d'obtenir ces résultats positifs de manière fiable, en particulier pour les programmes d'ASC à grande échelle.
En 2016, les évaluations des programmes d'ASC à l'échelle nationale sont restées défavorables. Et il est devenu évident que tous les programmes d'ASC ne se valent pas. Des questions telles que les ressources, le recrutement, la formation, la supervision et l'intégration aux systèmes de santé existants étaient clairement liées à l'efficacité des programmes d'ASC, mais il restait encore beaucoup à apprendre sur les meilleures pratiques dans ces domaines.
Percevant ce moment comme un tournant dans l'histoire des ASC, six organisations de santé communautaire se sont réunies (Integrate Health, Last Mile Health, Living Goods, Muso, Partners In Health et Possible), dans le but de clarifier les éléments de la réussite des programmes d'ASC.
Cette collaboration a mené à la publication d'un rapport intitulé « Expertise des praticiens pour optimiser les systèmes de santé communautaire », qui a servi de base à notre plaidoyer commun concernant les directives de l'OMS. C'est également la naissance de notre Coalition.